Le journal d'Haroun
Maximalisme ou crise existentielle ? Les cartes tirent les fils de la mode automne-hiver 2026
La mode automne-hiver 2026 veut du volume, des capes et des carreaux. Moi, Haroun, je vois surtout des cartes qui hurlent : « Et si on cachait nos angoisses sous des manteaux XXL ? »
Alors comme ça, la mode automne-hiver 2026-2027 vire au « maximalisme ». Traduction : après des saisons à jouer les moines minimalistes, on veut du lourd, du voyant, du « regarde-moi ou je te mange ». Franchement, je reconnais bien là l'énergie du Bateleur à l'envers : on surjoue pour masquer le fait qu'on n'a pas la moindre idée de ce qu'on fout sur cette planète. Selon Deeluxe, les silhouettes se gavent de volumes exagérés, d'accessoires taille obus et de manteaux qui pourraient servir de tente de camping. Et moi, je ris jaune : c'est le monde qui enfile une armure de sequins pour pas voir qu'il tremble.
Le retour des capes et des traînes, c'est le clou du spectacle. Marie Claire le confirme : on veut du dramatique, du théâtral, du « je traverse la pièce et tout le monde se tait ». Bon, entre nous, une traîne pour aller chercher le pain, c'est le meilleur moyen de finir coincée dans la porte du métro. Mais je comprends l'idée : quand le réel est flippant, on se déguise en héroïne de fantasy. C'est pas une critique, c'est un diagnostic. Les cartes appellent ça « la Lune » : on se crée un monde plus beau pour pas voir le nôtre partir en vrille.

Le « bien dans ses boots », ou l'art de rentrer son pantalon dans ses bottes
Cette tendance me fait doucement rigoler. On rentre le pantalon dans les bottes, comme pour dire : « Je suis prêt à patauger dans la merde, mais avec style. » C'est exactement ce que je conseille aux gens paumés qui me demandent de tirer les cartes gratuitement avec moi : enfonce ton jean dans tes godasses et avance. Le denim, le velours côtelé, les carreaux, le pourpre, le vert sapin… Tout ça, c'est la garde-robe d'un bûcheron chic qui aurait lu trop de romans gothiques. Et franchement, pourquoi pas ? Si on doit affronter l'hiver, autant le faire avec un col en fausse fourrure et un air de défi.
Mais ce que je vois dans les cartes, c'est une envie de s'envelopper, de se protéger, de se cacher même. Les superpositions, les blouses à détails chiadés, c'est des couches et des couches de « j'existe ». Le monde a froid, mes amis. Pas seulement dehors, dedans. Et la mode, comme toujours, est un symptôme. Le maximalisme, c'est l'angoisse qui se maquille en fête.
Ce que ça révèle de nos élans collectifs ? Simple : on veut du sens, du panache, du mystère. On en a marre de la sobriété qui pue le renoncement. Alors oui, portez vos capes, vos carreaux, vos bottes de mousquetaire. Mais rappelez-vous : le vrai style, c'est de savoir qui vous êtes en dessous. Sinon, vous n'êtes qu'un mannequin de vitrine en plein courant d'air. Et croyez-moi, les courants d'air de l'âme, ça se voit dans les cartes.
Allez, filez vous habiller, et si le doute vous ronge, tire les cartes gratuitement avec moi. On verra bien si votre pantalon rentre aussi bien dans vos bottes que votre avenir dans le présent.


